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La Bayadère, Mars-Avril 2006
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wagneriano



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MessagePosté le: Mar Mar 21, 2006 6:16 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Tu parles de tout premiers rangs du parterre, n'est-ce pas? En effet, je ne les ai pas encore experimentés. Mon cousin a assisté au Lac de Cygnes dans le rang 3 ou 4, et il s'est dit très satisfait (mais il fait 1m90. Very Happy)

J'ai l'impression que Jean-Guillaume Bart s'économise un petit peu. En fait, dans le spectacle Teshigawara / Lagraa / Kylian il n'est prevu que le 22, le 25 à 14h30 et le 31 mars. Moi j'arriverai à Paris le 31 mais, hélas!, il s'agit d'une soirée reservée. Crying or Very sad En tant que fan inconditionné de M. Bart, j'espère pouvoir le voir dans d'autres spectacles.


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sophia



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MessagePosté le: Mar Mar 21, 2006 6:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
J'ai vu le Lac au troisième rang de face et j'ai été horriblement gênée par un grand monsieur du premier rang .


Ah oui, Korina, celui-là, on le connaît, il nous bouche tout le temps la vue (c'est le cousin de Wagneriano??), et quand c'est pas lui, c'est une dame avec un chignon... Mr. Green
Il n'y a pas que des avantages au parterre!!


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haydn
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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 12:01 am    Sujet du message: Répondre en citant

Retour aux choses sérieuses, avec les premières impressions de la représentation de ce 21 mars 2006, qui réunissait Aurélie Dupont, Carlos Acosta et Eleonora Abbagnato dans les rôles principaux.


Eh bien, à la surprise générale, l'événement de la soirée, ce fut la Gamzatti d'Eleonora Abbagnato. Si elle n'atteignait pas la même perfection technique que celle de Dorothée Gilbert (elle a, et on la comprend, abordé les fouettés avec une certaine prudence), Mlle Abbagnato a en revanche fait preuve d'une présence et d'un abattage proprement incroyable. Il nous a été très rarement donné de voir une danseuse-actrice aussi engagée dans son rôle : Gamzatti volcanique, véritable furie qui brisait comme un fétu sa Nikiya de rivale. Du très très beau travail. Faites fi d'éventuels préjugés et précipitez-vous pour voir Eleonora Abbagnato le 23, ça vaut le détour!


Il y a peu de choses à dire de plus sur la Nikiya d'Aurélie Dupont, si ce n'est que le partenariat avec Carlos Acosta n'était pas vraiment convaincant. Ce sont deux tempéraments trop éloignés pour pouvoir s'accorder harmonieusement, et chacun semblait danser sa partie dans son coin, sans trop se préoccuper de l'autre. En revanche, M. Acosta semblait s'entendre à merveille avec Eleonora Abbagnato, et entre latins, la "sauce" prenait réellement. D'ailleurs, on avait en permanence l'impression que le beau Solor, c'était avec la Gamzatti qu'au fond, il avait envie de partir, et que ma foi, les femmes de tête au sang chaud, c'était ça, son truc!


En soi, la prestation de M. Acosta était elle aussi tout à fait remarquable. Ses sauts sont époustouflants, et d'une déconcertante facilité. Tout est d'une grande propreté, les réceptions sont impeccables. On pouvait néanmoins craindre un "numéro de cirque" un peu excessif, à l'image de qu'il nous avait servi dans Don Quichotte en 2004. Il n'en a rien été, et Carlos Acosta est toujours demeuré dans les limites du bon goût, sans se laisser emporter trop loin par son aisance technique.


Parmi les seconds rôles, on relèvera le très bon comportement des trois Ombres. Aussi bien Emilie Cozette que Mélanie Hurel - qui a réalisé là sa meilleure prestation depuis le début de cette série de la Bayadère - et Dorothée Gilbert nous ont offert un spectacle de très haute tenue, et ont formé un trio équilibré, où aucune personnalité n'écrasait l'autre.




Dernière édition par haydn le Mer Mar 22, 2006 6:56 am; édité 1 fois
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paco



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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 12:40 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ah, voilà qui fait plaisir, Haydn ! Very Happy mes amis et moi ne comprenions pas l'accueil glacial réservé à la Abbagnato à la fin du spectacle, je crois bien avoir été le seul à oser un "brava" au milieu d'applaudissements juste "polis". La pauvre avait d'ailleurs l'air déçue (j'étais au 3e rang, je ne ratais rien des visages... Laughing )
Je l'ai moi aussi trouvée époustouflante. Quel tempérament, quel feu ! un moment particulièrement spectaculaire a été son affrontement avec Aurélie Dupont au 2e tableau du 1e acte, même la belle Aurélie s'est transformée en furie embrasée, c'était vraiment impressionnant, on se serait cru ds les duos Aida-Amneris chez Verdi. Du grand théâtre.

Un autre moment que je ne suis pas prêt d'oublier est le regard d'Acosta quand on lui présente Gamzatti : en moins de 15 secondes il passe par tous les états, à la fois méprisant et séduit, conquérant et hésitant, en si peu de temps il a réussi à donner une ambiguité à cette relation Solor-Gamzatti que je n'avais encore jamais vu. Du grand Art, réussir à donner une consistance "psychologique" à Solor... (bon, là vous allez dire que j'exagère un peu... Laughing ) J'ai regretté que votre appareil photo n'ait pas pu immortaliser ce moment (il fallait d'ailleurs être placé côté gauche de la scène pour en profiter pleinement).

En revanche je vous trouve trop dur concernant le duo qu'Acosta forme avec Aurélie Dupont. Hésitant au 1er acte certes (mais comment ne pas l'être entre partenaires peu habitués à danser ensemble), mais à l'inverse j'ai eu l'impression qu'à son contact Aurélie s'est littéralement surpassée : actrice jusqu'au bout des doigts (ce qu'elle n'est pas toujours d'autres soirs), romantique, douce, concernée par son rôle de la 1e à la dernière minute. Pour la première fois j'ai compris que la Bayadère était un ballet romantique, ce que la Zakharova en 2002 n'avait pas laissé transparaître avec sa perfection glacée trop académique à mon goût.

Quant à la prestation d'Acosta lui-même, je l'ai trouvé plus sage qu'à Londres, il a clairement voulu assurer pour une de ses rares apparitions parisiennes, en limitant les risques (j'observe souvent la même "prudence" quand Nicolas Le Riche danse à Londres). Mais outre son grand moment avec Abbagnato, il m'a épaté par son implication dramatique dans le rôle à chaque minute. Qu'il danse ou qu'il soit assis dans un coin, son visage est constamment en alerte, engagé dans ce qu'il se passe. Et j'ai beaucoup aimé la fraicheur qui émane de sa personnalité, notamment dans les duos avec Aurélie Dupont. Clairement, pour une oeuvre qui d'ordinaire m'ennuie (la partition de Minkus n'est vraiment pas top...), une approche aussi enthousiaste et spontanée m'a captivé. Et puis quelle douceur et quelle légèreté dans la virtuosité, mais de ce côté là sa réputation n'est plus à faire... Smile

Pour le reste, c'est typiquement le genre de soirée bourrée d'imperfections (une chute d'une danseuse dans l'acte des ombres, un orchestre en décalage entre pupitres pendant les soli d'Acosta et Abbagnato au 2e acte, etc...), mais dont on ressort électrisé. Il y a eu ce je ne sais quoi qui fait que la soirée marche. Ce que la longue ovation de la fin a d'ailleurs bien reflété. Il faut avouer qu'on a été dorlotés aussi pour les autres rôles : dans une même soirée, Thibault, Bridard, Gilbert, Hurel, Cozette, Ould-Braham, .... quel festival ! Very Happy


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haydn
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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 1:49 am    Sujet du message: Répondre en citant

Allez une petite série de photos prises le 21/03/2006 ; la suite c'est pour plus tard!





Première série



Carlos Acosta / Aurélie Dupont



Carlos Acosta / Aurélie Dupont



Carlos Acosta / Aurélie Dupont



Eleonora Abbagnato



Jean-Marie Didière / Eleonora Abbagnato



Yann Bridard / Aurélie Dupont



Aurélie Dupont / Yann Bridard



Eleonora Abbagnato


Aurélie Dupont
Yann Bridard




Eleonora Abbagnato / Aurélie Dupont



Eleonora Abbagnato



Eleonora Abbagnato



Emmanuel Thibault



Jean-Marie Didière / Eleonora Abbagnato



Aurélie Dupont


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sophia



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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 9:10 am    Sujet du message: Répondre en citant

En ce qui concerne Eleonora Abbagnato, je ne sais pas si l'on peut dire que l'accueil qui lui a été réservé était glacial, mais il est clair qu'elle n'a pas reçu une ovation... Le public m'avait semblé plus chaleureux avec Mélanie Hurel, qui avait pourtant connu plus de déboires (il faut dire aussi qu'il y avait là comme une erreur de distribution, tant cette danseuse est naturellement associée à un autre répertoire où elle excelle). Moi aussi, j'ai du mal à comprendre pourquoi, car la prestation d'Eleonora Abbagnato en Gamzatti était magistrale sur le plan du jeu. Dans le premier acte, elle campe une Gamzatti impériale et sûre de sa puissance, la pantomime est parfaitement lisible jusqu'à des places très éloignées de la scène et l'on est suspendu à ses mouvements lors de la confrontation avec Nikiya: le geste est sûr, impérieux, dominateur (lorsqu'elle montre à Nikiya le luxe de son palais et que celle-ci n'est rien: génial! ou lorsqu'elle rajuste son écharpe pour souligner qu'elle garde son sang-froid...) et la violence entre les deux dames n'est pas simplement suggérée. Vraiment, c'est la plus belle et la plus convaincante pantomime qu'on ait pu voir jusqu'à présent! Dans le deuxième acte, on ne peut pas dire que sa variation soit toujours exécutée avec une grande finesse, les bras et le haut du corps sont assez raides, mais dans l'ensemble, elle s'en est plutôt bien sortie malgré de petites imperfections récurrentes dans les équilibres et quelques pirouettes. Globalement, j'ai trouvé que sa technique était bien meilleure que dans Le Lac des Cygnes il y a quelques mois. Alors peut-être est-on trop indulgent avec elle (cela dit, elle revient de très loin dans ce rôle!), mais ses faiblesses techniques sont aussi compensées par le fait qu'elle continue d'interpréter son personnage même en dansant une variation brillante remplie de difficultés. De plus, le partenariat avec Carlos Acosta semblait bien fonctionner, tous les deux faisant montre d'une belle énergie.
Pour ce qui est de ce dernier, il est criant qu'il nous rappelle à l'abaissement général du niveau de nos solistes..., et ce dès son entrée en scène avec une magnifique diagonale de grands jetés exécutés dans les cieux! Toutes ses variations sont dansées à la perfection, avec ce je ne sais quoi qui fait qu'on sait qu'on a affaire de manière évidente à une véritable étoile: des sauts et des pirouettes magnifiques, une danse très propre incroyable de vélocité et de légéreté également, et un constant engagement scénique, jusques et y compris dans les scènes non dansées. Et pour ceux qui le craindraient, et même si l'on peut émettre quelques réserves sur sa pantomime parfois un peu naturaliste dans le premier acte, il n'y a pas d'excès, de "trop" ni quoi que ce soit de vulgaire dans sa danse. Il est vrai que j'étais déjà convaincue, car je l'avais adoré en Basilio, une représentation mémorable aux côtés d'Aurélie Dupont qui campait une très bonne Kitri.
En ce qui concerne la partenariat entre eux sur La Bayadère, je le trouve étrangement beaucoup moins bon que sur Don Quichotte, Nikiya me paraissant rester assez froide face à son torride amant. Sur la danse, les équilibres et les piétinés sont toujours magnifiques, j'ai beaucoup aimé le pas de deux avec l'esclave interprété par un excellent Yann Bridard. En revanche, la variation du serpent, exécutée à l'économie, m'ennuie toujours autant. Mais le troisième acte a été somptueux, la variation avec le voile n'était pas très bien coordonnée entre les deux partenaires, mais le reste était d'un très haut niveau, absolument magnifique et d'une très grande propreté.
Sinon, en-dehors de la présence de solistes inédits (Acosta, Abbagnato), je n'ai pas trouvé cette représentation particulièrement miraculeuse pour le corps de ballet et les autres solistes.


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sophia



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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 10:42 am    Sujet du message: Répondre en citant

La dépêche AFP sur la venue de Carlos Acosta à Paris.



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paco



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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 3:49 pm    Sujet du message: Répondre en citant

tout à fait d'accord avec vous Sophia, concernant Carlos Acosta : effectivement il émane de sa technique et sa personnalité ce frisson qui fait qu'on se dit "lui c'est vraiment une étoile avec un grand E". Ce genre d'artistes hors du commun s'impose souvent dès les premiers mouvements du spectacle, par un charisme naturel et une aisance technique qui leur permet de toucher tout de suite à l'émotion, d'être immédiatement dans le personnage. Et comme vous je ne ressens pas souvent cela avec de nombreux solistes, à Paris comme à Londres ou à Milan.

Mais c'est sans doute tout à fait normal. De même qu'il n'y a pas dix Callas ou Bartoli par décennie, il est normal que les Le Riche, Guillem et autres Acosta se comptent sur les doigts d'une main... cela fait partie du "luxe" de l'Art.

En tous cas je retourne à La Bayadère jeudi, je veux revivre ces moments magiques. J'espère pour Abbagnato que le public sera moins froid (ça doit être terriblement frustrant pour les artistes de se donner à fond pour recevoir un clapotis poli au final)


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haydn
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MessagePosté le: Mer Mar 22, 2006 8:54 pm    Sujet du message: Répondre en citant

En ce qui concerne Eleonora Abbagnato, son total engagement dramatique méritait effectivement meilleure récompense, meme si, au premier balcon, où je me trouvais, les applaudissements étaient plus chaleureux et si mes voisins de siège ont semblé gouter sa prestation au 2ème acte. La danse, c'est certes de la technique, et sur ce plan, Eleonora Abbagnato ne peut rivaliser avec Dorothée Gilbert ou Emilie Cozette, mais c'est aussi du théatre, et là, Mlle Abbagnato a été, à mon sens, sans rivale, et j'ai pris beaucoup de plaisir à voir sa Gamzatti.


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Azulynn



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MessagePosté le: Jeu Mar 23, 2006 8:26 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Petit retour sur la représentation d'hier soir, qui réunissait Isabelle Ciaravola, Benjamin Pech et Mélanie Hurel, et qui a été un vrai succès.

Commençons par la reine de la soirée : la belle Ciaravola, qui a envoûté Bastille du début à la fin du ballet. Quelle grâce ! Quel lyrisme dans ses bras ! Il faut avouer qu'elle connaît certains problèmes techniques sur ce rôle, notamment sur l'adage avec le voile du troisième acte et quelques petites erreurs de-ci de-là - je crois qu'elle n'a pas la précision du bas de jambe à laquelle on est habitué à l'Opéra, mais au final, cela compte bien peu face à tout ce qu'elle apporte au rôle. C'est une magnifique actrice, qui sait projeter ses émotions et nous happer dans le drame qui se joue à chaque mouvement. Quand elle se jette dans les bras de Solor au premier acte, ce n'est pas simplement parce que la variation a été chorégraphiée ainsi, c'est un véritable cri d'amour. La fin de l'acte II est un modèle du genre, malgré des bras un peu secs dans la partie avec la corbeille : elle ne craint pas pendant sa variation de mettre de côté l'image de la ballerine parfaite et de montrer par quelques pas simples, avec des pointes non tendues, la douleur de Nikiya. Sa mort était poignante, avec des hoquets de douleur que l'on entendait et voyait jusqu'au fond du premier balcon... Isabelle Ciaravola a bien sûr plus de mal avec le troisième acte, plus technique, mais à un moment donné elle s'est pourtant lâchée et a achevé l'acte avec une attaque et une joie de danser qui faisaient plaisir à voir. Je n'avais jamais vue une morte aussi souriante, et c'est tant mieux ! L'ovation qui l'a saluée était bien méritée, car elle s'est totalement engagée dans ce rôle.

Benjamin Pech semblait malheureusement bien peu amoureux de sa fougueuse Nikiya. Non qu'il ait vraiment démérité, mais il n'a pas spécialement brillé non plus, avec quelques erreurs techniques et des sauts juste corrects, malgré un bel engagement au troisième acte. Je suis étonnée que les prestations des solistes masculins de l'Opéra soient presque toujours entachées de fautes techniques à un moment ou à un autre ; les versions Noureev sont-elles vraiment trop difficiles ? L'école de l'Opéra ne forme-t-elle tout simplement pas des danseurs brillants et de grands "sauteurs" à la mesure des Russes (c'est flagrant chez nos idoles dorées, dont Mallory Gaudion hier soir) ? On se languit de pouvoir admirer un Leonid Sarafanov sous nos cieux...

Par contre, je suis heureuse de pouvoir dire que j'ai été agréablement surprise par Mélanie Hurel, alors que je m'attendais un peu au pire après les critiques de ses premières prestations. Evidemment, Gamzatti reste un rôle éloigné de ses emplois naturels, mais elle s'en sort très honorablement. Au premier acte, sa pantomime est élaborée et juste, et elle se sort bien de la scène de confrontation - ce n'est pas une méchante flamboyante à la manière de Dorothée Gilbert, indépassable, mais altière et raidie dans son rôle de princesse. Le deuxième acte était surprenant, avec une variation très bien exécutée, sans erreurs, et avec des fouettés très propres, malgré une fin "en queue de poisson"... Bref, j'apprécie toujours autant le sens du style de Mlle Hurel, avec des lignes maîtrisées et harmonieuses, mais la direction ne la met pas véritablement en valeur avec ce rôle.

Bravo aussi à tout le corps de ballet, qui m'a paru bien meilleur que dans les premières représentations. On voudrait juste entendre moins de crissements dans l'acte des Ombres, ces bruits de pointe sont vraiment gênants, et les ensembles du deuxième acte laissent parfois à désirer. Les quatre petits en violet (Fiat, Cardinale, Giezendanner, Mathis) étaient dignes du DVD, et ce n'est pas un mince compliment. Les quatre en vert ont amélioré l'ensemble, mais bon... Sandrine Marache campe une Manou joueuse. Nolwenn Daniel est excellente en deuxième Ombre, Emilie Cozette est égale à elle-même avec des bras qui ne sont vraiment pas beaux dans la première Ombre.
Allez, je vais finir en imitant Katharine Kanter : j'espère que Fanny Fiat sera un jour récompensée pour son très beau travail (elle danse quand même sur cette série Manou, la soliste indienne, l'une des deux solistes Djambo, les quatre petites en violet, et la troisième ombre, tout en étant remplaçante sur Gamzatti ! qui dit mieux ?). En Ombre hier soir elle était tout simplement superbe de maîtrise et de style... Pourquoi pas une Gamzatti ? Cette rigidité au sujet de la hiérarchie, elle-même douteuse au vu des prestations sur scène, est réellement dommageable, comme le pointait Patricia Boccadoro au sujet de Joyaux.




Dernière édition par Azulynn le Ven Mar 24, 2006 2:53 pm; édité 2 fois
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sophia



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MessagePosté le: Jeu Mar 23, 2006 9:48 pm    Sujet du message: Répondre en citant

Citation:
Je suis étonnée que les prestations des solistes masculins de l'Opéra soient presque toujours entachées de fautes techniques à un moment ou à un autre ; les versions Noureev sont-elles vraiment trop difficiles ? L'école de l'Opéra ne forme-t-elle tout simplement pas des danseurs brillants et de grands "sauteurs" à la mesure des Russes


La glorieuse époque des Hilaire, Legris, Belarbi me semble révolue. En même temps, il est possible que l'on idéalise la génération Noureev: pour ma part, je ne l'ai pas beaucoup connue, alors je parle, je parle... Mr. Green Cela dit, quand on voit les dvd, c'était aussi le corps de ballet qui me paraissait meilleur, pas seulement les solistes et il y avait davantage de personnalités, c'est l'impression que j'ai... Et les images les plus mémorables que je garde des derniers ballets vus à l'Opéra sont celles de Laurent Hilaire dans les rôles de Tybalt et de Rothbart ou encore dans "Le Parc".
Aujourd'hui je pense que nous avons encore deux grands danseurs nobles qui peuvent rivaliser avec les Acosta, Kolb, Rouzimatov, Tsiskaridze... parmi les étoiles, ce sont José Martinez et Jean-Guillaume Bart, ce dernier ne pouvant malheureusement plus beaucoup danser. Ce n'est quand même pas beaucoup. Et parmi les jeunes talents en devenir, je ne sais pas, mais je ne vois vraiment pas grand-monde. Mathieu Ganio dans quelques années? Confused
Alors est-ce un problème de formation, de rigueur et de discipline dans le travail de répétition? Est-ce une absence réelle de vraies personnalités? Ou alors y aurait-il simplement un manque de motivation collective au sein du ballet (comme l'on dit de quelqu'un qu'il est "en dépression")? Personne ne peut répondre à ces questions de manière définitive, mais il est vrai qu'on s'habitue maintenant à voir à l'Opéra des solistes pas toujours parfaits (même sur un strict plan technique) distribués dans les rôles principaux, qui sont évidemment de bons danseurs dans l'absolu, mais dont on ne va pas dire qu'ils sont d'excellents, voire de grands ou de très grands danseurs, autrement dit des artistes qui dansent non seulement de manière impeccable mais aussi de façon brillante, avec une vraie personnalité, un tempérament qui les rendrait uniques. Chez les femmes, il y a certainement davantage de diversité et de talents déjà connus ou en devenir... C'est aussi un terrain où il est difficile de s'avancer, la profession étant tellement fragile à tous points de vue. Mais finalement, toute compagnie ne passe-t-elle par des périodes plus ou moins fastes?...




Dernière édition par sophia le Ven Mar 24, 2006 7:38 am; édité 1 fois
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paco



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MessagePosté le: Ven Mar 24, 2006 12:03 am    Sujet du message: Répondre en citant

Très belle représentation ce soir (23), encore meilleure que mardi dernier. Acosta toujours aussi flamboyant, plus à l'aise avec Aurélie Dupont que mardi. Aurélie Dupont, personnellement j'adore sa prestation, c'est tout simplement magnifique, elle était plus que jamais dans son personnage, avec cette mélancolie très "Tchekhov" que je trouve émouvante. Et quels jeu de bras !

Les imperfections de mardi n'ont pas eu lieu ce soir : orchestre parfait, juste, vif. Corps de ballet en bien meilleure forme, et idem pour les autres solistes.
Il est vrai que tous les artistes ont été littéralement "chauffés" par un public autrement plus chaleureux que mardi, applaudissant à tout rompre Emmanuel Thibault avant même qu'il ne commence à danser (!!), idem pour Eleonora Abbagnato juste avant son numéro du 2e acte qu'elle a de fait nettement mieux réussi techniquement que mardi dernier, ce qui lui a valu une belle ovation.

Je suis très heureux d'avoir vu cette série, que j'ai autrement plus savourée que lors de la reprise de 2002. Je trouve que ce ballet assez fade musicalement et dramatiquement gagne à être interprété par des personnalités comme Acosta, Abbagnato et Dupont, qui apportent fraîcheur, spontanéité, et surtout un engagement dramatique qui captive.


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Jonquille



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MessagePosté le: Ven Mar 24, 2006 12:41 am    Sujet du message: Répondre en citant

Ce fut effectivement une belle représentation avec deux magnifiques solistes. Carlos Acosta a une technique époustouflante et j'ai l'impression que, parmi les Etoiles de l'Opéra, seul José Martinez peut rivaliser avec lui. C'est également un bon acteur, très impliqué et très amoureux de sa Nikiya.
Aurélie Dupont m'a semblé très en forme ce soir. La scène de la confrontation avec Gamzatti était réussie même si A. Dupont fait encore trop princesse alors qu'elle n'est que bayadère...
Eleonora Abbagnato a des talents d'actrice qu'on connaît, tous les détails de l'interprétation sont réfléchis. Malheureusement techniquement c'est peu de dire qu'elle n'est pas au point. Sa première variation était apparemment meilleure que mardi mais ses fouettés laissaient vraiment à désirer. Quel dommage !
Sinon un Emmanuel Thibault toujours aussi impérial (et je sais qui a applaudi le premier !!) et trois belles Ombres (Cozette/Hurel/Fiat). A noter que Mélanie Hurel remplaçait Myriam Ould-Braham; j'espère qu'elle n'est pas blessée... Enfin la danse indienne nous permet encore de voir avec bonheur des danseurs peu distribués comme Sabrina Mallem (ou Alexandra Cardinale l'autre jour).


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sophia



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Messages: 21902

MessagePosté le: Ven Mar 24, 2006 9:27 am    Sujet du message: Répondre en citant

Alors c'est qui qui s'est permis ça Jonquille? Il faut le dénoncer celui-là... Mr. Green

Paco, votre enthousiasme me fait culpabiliser, surtout en ce qui concerne l'engagement dramatique intense d'Aurélie Dupont, j'avoue que je ne comprendrai sans doute jamais, mais bon... Plus sérieusement et plus globalement, je ne trouve pas que cette série de La Bayadère ait de quoi nous plonger dans la béatitude de Solor au début du dernier acte. En-dehors de la représentation du 17 mars avec Letestu/Martinez que j'ai trouvée de manière générale la plus réussie, la plus exaltée et exaltante (ce qui ne veut pas dire qu'elle était parfaite) et en-dehors de quelques prestations individuelles vraiment exceptionnelles mais aussi souvent bien courtes, rien ne m'a paru franchement abouti ou pleinement satisfaisant, aussi bien chez les solistes que dans le corps de ballet. La preuve étant que l'on a toujours marqué quelque scepticisme quant à la technique parfois défaillante des uns ou l'interprétation insuffisante des autres à un moment ou à un autre du ballet... C'est quand même un peu gênant pour des étoiles du Grand Opéra! Je crois que si l'on s'enthousiasme autant pour Carlos Acosta, c'est que jusqu'à présent, dans les distributions, nous n'avons pas eu, en-dehors effectivement de José Martinez (et encore pas à sa première représentation), de Solor au moins aussi bon sur le plan de la danse! Chez les femmes, si Agnès Letestu reste ma préférée en Nikiya (je n'ai pas vu Isabelle Ciaravola), j'avoue qu'il y a toujours eu quelque chose qui me laissait sur ma faim chez toutes les interprètes. En Gamzatti, si Dorothée Gilbert était de très loin la meilleure dans le deuxième acte, j'avoue que j'ai préféré le personnage campé par Eleonora Abbagnato, quant à Emilie Cozette et Mélanie Hurel, si elles n'ont pas démérité, je pense malheureusement qu'elles ne sont pas là distribuées dans des rôles qui leur conviennent de manière idéale. Bref, ne reparlons même pas des sous-distributions flagrantes de certains, mais il y a quand même de quoi être inquiets, au-delà du plaisir que je ne nie pas et que je partage aussi que peut provoquer une impeccable descente des Ombres... Confused


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Jonquille



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MessagePosté le: Ven Mar 24, 2006 10:08 am    Sujet du message: Répondre en citant

Je pense que l'ami Lanou me pardonnera de le dénoncer !!

J'ai bien peur que la représentation du 28 soit annulée. Il est question qu'un préavis soit lancé. Mais attendons confirmation...


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