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Posté le: Mar Juin 07, 2005 2:54 pm Sujet du message: Interview-minute : Martin Stauning |
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Les réceptions d'après-spectacle organisés à l'attention des artistes et de la presse sont l'occasion de rencontres passionnantes. Dansomanie vous invite ici à découvrir Martin Stauning, danseur au corps de ballet de la compagnie royale du Danemark. Et c'est de musique justement qu'il vient nous parler!
Martin Stauning
Je suis membre du corps de ballet, avec une petite expérience de soliste. J'ai fait mes classes à l'école de danse du Ballet Royal, où je suis entré à l'âge de sept ans.
A l'école de danse j'ai reçu une formation musicale, et des cours d'initiation à l'harmonie: Il n'y avait pas de musiciens dans ma famille, et j'ai dû supplier pour que mes parents acceptent de louer un piano. Tous mes camarades savaient au moins jouer la Lettre à Elise. Je voulais faire pareil, et je suis allé dans une bibliothèque, pour emprunter des méthodes de piano et de solfège. Puis j'ai acheté des partitions d'orchestre, que je lisais en écoutant les oeuvres au disque.
Ce n'est que plus tard que j'ai reçu une formation en écriture musicale. Au ballet, nous sommes entourés de musiciens. Il y a évidemment ceux de l'orchestre de l'Opéra, à qui je pouvais demander des conseils, vérifier que ce que j'écrivais était jouable sur les instruments.
Ma première composition "présentable" fut un octuor à cordes qui a été créé par l'orchestre de l'Opéra. Auparavant, j'avais écrit quelques mélodies sur des sonnets de Shakespeare, mais c'était très mauvais.
Pour l'heure, j'ai composé une quinzaine de "vraies" oeuvres. Ce qui est bien, c'est que je ne suis soumis à aucune pression. Je gagne ma vie en tant que danseur, et je peux écrire la musique qui me plaît, sans être obligé de me demander si cela va avoir du succès, si cela va me rapporter de l'argent.
Mon oeuvre la plus "significative" est une pièce pour deux pianos que j'ai écrite pour les chefs de chant de l'Opéra [chef de chant = pianiste accompagnateur du ballet, ndlr.] et qui s'intitule 101 en référence à la "chambre 101", dans 1984, de George Orwell. C'est une pièce violente, au travers de laquelle je voulais montrer jusqu'à quel point il faut user de force, il faut hurler, pour se faire entendre dans le monde d'aujourd'hui.
Je regrette de ne pas être un bon pianiste, et de ne pouvoir jouer moi-même toute la musique que j'écris. De ce fait, elle contient certainement de nombreuses maladresses, des choses qui sont techniquement irréalisables en l'état.
Composer de la musique de ballet? J'adorerais. Ce serait un vrai défi. En plus, cela m'obligerait à travailler dans un cadre déterminé, sans disperser mes idées. Mais je tiens à écrire uniquement pour des instruments acoustiques. La musique électronique, tout le monde en fait maintenant, et cela ne correspond pas à ma sensibilité.
Entretien réalisé le 06 juin 2005
© Martin Stauning - Dansomanie
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